L'histoire de Vergnies

village vergniesVergnies prit naissance à l'époque romaine : on y a découvert une grande quantité de pièces de monnaies aux effigies des empereurs Adrien et Antonin.

Le nom du village n'apparaît pourtant qu'en 1226. Sous l'ancien régime, Vergnies appartient à la terre et la seigneurie de Barbençon, érigée en principauté par les archiducs Albert et Isabelle en faveur de Robert de Ligne (1614).

En 1678, cette seigneurie qui relevait de la prévôté de Maubeuge fut cédée à la France par le Hainaut espagnol conformément aux clauses du traité de Nimègue. C'est là l'origine de l'"enclave de Barbençon" (Barbençon, Vergnies, Erpion, Boussu-lez-Walcourt), qui devait rester française malgré la signature, en 1699, de la Convention de Lille qui contraignait Louis XIV à se dessaisir d'un certains nombre de villages.

Sous la Révolution et l'Empire, Vergnies fit partie du département du Nord, arrondissement d'Avesnes. L'enclave passe au royaume des Pays-Bas en 1815, après 137 ans de nationalité française, et cela, bien qu'aucun traité n'en fît mention, au grand mécontentement de ses habitant qui adressèrent à Paris, en 1831, une pétition demandant leur retour à la "mère-patrie". Mais ce n'est qu'en 1889 que Vergnies devait perdre ses dernières attaches avec la France : il rejoignit le Diocèse de Tournai, après avoir été attribué par le Concordat à celui de Cambrai (1802).

Vergnies semble n'avoir jamais eu qu'une économie agricole, et l'exode rural lui a fait perdre près de la moitié de sa population depuis 1830.


SITES ET MONUMENTS

L'église paroissiale Saint Martin

Cette église est un pur joyau qu'on ne se lasse de contempler sous toutes ses faces, car, à mesure que change la perspective, se révèlent de nouvelles harmonies, en même temps que l'agencement quasi miraculeux des volumes aux arrêtes tour à tour adoucies par le galbe d'une ogive ou la rondeur d'un oculus. Le cimetière qui l'entoure lui fait une garde d'antiques croix de pierre.
eglise vergnies
La construction de ce sanctuaire rural en moellons et pierre calcaire, sur une assise rocheuse dans le bas du village s'est échelonnée du XIe au XIXe siècle; mais seule une observation attentive trahit les remaniements successifs qui, loin de lui porter atteinte, ont préservé et même accru sa singulière beauté.

Au Xe ou XIe siècle s'élevait ici une chapelle romane dont subsistent quelques traces dans le mur du bas-côté sud. Elle devint au XIIIe ou XIVe siècle, une église à 3 nefs dont il reste les murs du chœur, les arcades et le mur gouttereau du bas-côté sud. Au XIVe siècle, toute la partie nord de la nef est reconstruite, avec pseudo-bras de transept et division intérieure en 3 travées. On négligea semblable remaniement de la partie sud, se contentant, pour corriger l'asymétrie, d'y remplacer en sous-oeuvre les piliers carrés par des piliers cylindriques à base et chapiteaux moulurés d'un type semblable au bas-côté nord (fin du XVIe ou XVIIe siècle). Enfin, la façade de la nef fut aussi transformée et couronnée d'un clocheton en charpente ardoisée.

L'intérieur diffuse une ambiance de recueillement et de paix proche de celles des églises romanes. A gauche, trois arcades de style gothique hennuyer séparent la nef du bas-côté nord; à droite, quatre arcs brisés en moellons sur colonnes hennuyères. Trois fenêtres hautes en arcs surbaissé, murées, témoignent de l'existence, à l'origine d'un clair étage dans l'église médiévale.

Le chœur est précédé d'un arc diaphragme en plein cintre retombant sur les colonnes hennuyères engagées; les voûtes sont en berceau lambrissé sur le nef et la chapelle nord (faux transept), et en demi-berceau sur les bas-côtés.

On remarquera de splendides boiseries, jubé et banc de communion du XVIIIe siècle, l'autel de la Vierge en style Renaissance enchâssant un tableau du Couronnement (XVIIe siècle); un confessionnal Louis XV avec chronogramme (1773); deux crédences gothiques en pierre; des fonts baptismaux en pierre du XIIIe siècle; des statues en bois polychromé (saint Martin déchirant son manteau et une vierge à l'Enfant); les corbeaux et blochets sculptés, qui représentent des anges et des apôtres, sur tout le bas-côté nord.

Classée dès 1941, l'église a bénéficié de plusieurs restaurations, notamment en 1937 et 1979. 

Le château-ferme

chateau vergniesAu bas de la rue Gossec se dresse l'imposant château-ferme de Vergnies. Il appartint jusqu'à la Révolution à une famille de maîtres de forge, les Le Rond de Bois-Jacques, qui dirigeaient plusieurs exploitations des environs.

C'est un beau quadrilatère clôturé en calcaire, briques et ardoises remontant à la première moitié du XVIIe siècle et partiellement reconstruit après un incendie 1889-1890. Il conserve néanmoins des éléments défensifs : l'entrée de la cour, un portail composé d'une porte charretière et d'une porte piétonne jumelée, recouvert d'une petite bâtière sur corbeaux de bois sculpté, est défendue à gauche par cinq arquebusières aménagées dans les trois pans coupés de la dépendance voisine.

Le corps de logis présente 2 façades de styles entièrement différents. 

La principale, orientée vers l'est (côté parc), a été modifiée vers 1845 et reconstruite dans le style de Louis XVI-Empire avec fronton triangulaire percé d'un oculus. Elle est coiffée d'un toit français à deux versants agrémentés par plusieurs lucarnes. Deux colonnes de pierres encadrent la porte d'entrée, soutenant un vaste balcon.

La façade sur cour est en briques, alignant quatre travées au-dessus d'un soubassement biseauté. Des fenêtres à croisées et à montants chaînés accompagnent une porte en plein cintre harpée, sous cordon-lamier continu. Le bâtiment est flanqué, à l'angle donnant sur la rue, d'une élégante tourelle ronde couverte d'une toiture conique.

Non loin de là, la rue des Censes offre aux regards un résumé parfait de l'architecture rurale du XVIIIe siècle, avec une grange de 1788, une ferme en long composée de trois corps de bâtiments abritant respectivement le logis (1772), une grange (1730) et des étables (1765).

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