L'histoire de Fourbechies

village fbcHameau de Froidchapelle, Fourbechies en fut détaché le 2 juin 1868 et érigé en commune à part entière.

Ce petit terroir en fut si fier qu'il composa un hymme de bravoure à la gloire de son indépendance fraîchement conquise

" A d'autres, la haute industrie !
A d'autres, le fer, le charbon !
La richesse de Fourbechies
Gît à la prairie, au sillon.
Des champs, le labeur, la tâche utile
Sera toujours le meilleur des états.
Oui, rendre la terre fertile
Vaut bien mieux que d'être soldats ! "

 

Touchante profession de ruralité, qui se méfie des tentations d'un modernisme peut être illusoire, à certains technocrates qui, dans les couloirs du sénat, caressent déjà des projets de fusion; l'exemple de Fourbechies semble rétorquer qu'une commune ne joue pleinement son rôle que lorsqu'elle se confond avec une communauté.

Dans l'ancien cimetière, contre l'église, est conservée la dalle mortuaire de Théodore Pinpin, premier bourgmestre de la localité et décédé en 1891. Le statut communal de Fourbechies ne fut pourtant qu'une parenthèse, puisque le 1er janvier 1965, le village réintègre Froidchapelle, sa commune-mère, dont il avait auparavant toujours partagé l'histoire, sous le même blason, les mêmes échevins et les mêmes princes.

Fourbechies (de Fulbertiacum, "ville de Fulbert", terme d'origine romaine) a toujours été exclusivement agricole. En 1896, le recenseur n'y dénombrait aucune industrie et seulement une vingtaine de petits artisans, dont quatre polisseurs de marbre à domicile et quelques sabotiers. A cette époque, les terres de cultures couvraient encore 40 % de la superficie exploitée, et la plus grande partie de ces terres étaient occupées par les céréales.

Cette culture fut abandonnée progressivement, peu avant 1914, pour faire place à des herbages et à l'élevage laitier.


Une histoire religieuse passionnante


L'église Notre-Damefbc

L'église paroissiale présente un harmonieux mélange de style roman et gothique hennuyer. Edifice à nef centrale de 3 travées et collatéraux élevés au début du XVIIe siècle, elle conserve des vestiges bien plus anciens : la nef, les murs collatéraux du choeur, le pignon occidental, l'arcade du choeur et le chevet éclairé par 3 lancettes sont tous du XIIe siècle.
 

L'ermitage Saint-Pierre

Non loin de la forêt de Rance existait jadis un ermitage dédié au prince des apôtres, construit à proximité d'une fontaine réputée pour son eau guérissant des fièvres.

ermitageRéédifié entre 1704 et 1720, l'ermitage fut en 1712 rattaché par l'évêque de Liège à la congrégation de l'Entre-Sambre-et-Meuse, dont il devint, vers 1740, le noviciat. Le curé de Rance en était le supérieur général. Cette petite communaté, devenue enseignante, semble avoir périclité à la fin du XVIIIe siècle.

La commune de Froidchapelle revendiqua en 1788 la propriété du bâtiment, l'obtint, le confia en location, et l'aliéna en 1828. Acheté et restauré par un Beaumontois, l'ermitage passa en d'autres mains vers 1913; les bâtiments, aménagés en ferme, appartiennent actuellement à la famille Gobert-Bronchain.

Le Besogné de Froidchapelle (1608) décrit l'ermitage Saint-Pierre comme un petit ensemble groupant une habitation et une chapelle. Il se présente aujourd'hui dans un lieu solitaire et loin à l'abri des regards, tel une ferme en ordre dispersé, comprenant un logis du XIXe siècle et d'importantes dépendances intégrant quelques vestiges du XVIIe siècle, principalement des fenêtres ainsi qu'une petite chapelle néo-classique.

De 1904 à 1919, les religieuses de Saint-Paul-aux-Bois, expulsées de France par la loi du 7 juillet, trouvèrent refuge à Fourbechies où elles s'installèrent dans les bâtiments d'une brasserie désaffectée. La communauté en exil passa sous la paternité de l'abbaye de Scourmont, dont elle devait finalement se rapprocher pour s'installer, le 14 août 1919, dans une spacieuse propriété de Chimay, devenue depuis Abbaye Notre-Dame-de-la-Paix.

A Fourbechies, on trouve de nombreux autres témoignages de la piété mariale :

  • une niche qui abrite cette statue de la vierge avec un millésime de 1717 (rue du Bosquet);
  • l'autel latéral gauche de l'église (XVIIe siècle) avec son image miraculeuse de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours;
  • la procession plus que centenaire (dernier dimanche de juin ou 1er de juillet).
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