L'histoire d'Erpion

Le village d'Erpion est cité au IXe siècle parmi les biens du monastère de Lobbes. L'abbaye devait garder la dîme et la collation de la cure jusqu'à la fin de l'ancien régime mais la seigneurie principale passa au sire de Barbençon. Il existait une autre seigneurie dites de "Septanes", aux limites des territoires de Barbençon,Boussu-lez-Walcourt, Vergnies et Erpion.

Pairie du Comté de Hainaut, érigée en principauté en 1614, la terre de Barbençon (Barbençon, Vergnies, Boussu-lez-Walcourt et Erpion) relevait de la juridction du prévôt de Maubeuge et devint une enclave française en vertu du traité de Nimègue qui cédait à Louis XIV la souveraineté du territoire de cette prévôté (1678).erpion

La Révolution fit passer les 4 villages au département du nord, et ils continuèrent à en faire partie (à leur demande) après la création des départements de Belgique. Le 14 jnavier 1816, le roi Guillaume II des Pays-Bas les annexa au canton de Beaumont bien que le traité de Paris eût omis de régler leur sort. En 1830, les habitant d'Erpion participèrent au mouvment réunioniste; en désespoir de cause, ils signèrent en 1831, avec leurs voisins de Barbençon et de Boussu, une pétition réclamant le retour pur et simple de l'enclave à la France.

Dans une Belgique indépendante, l'appartenance des 4 villages au diocèse de Cambrai devenait un véritable paradoxe; le diocèse de Tournai attendit pourtant leur réintégration jusqu'en 1889.

Sur la carte géologique, Erpion marque la limite entre des terrains fertiles du type condruzien et ceux, plus arides, de la Fagne. On y trouve une alternance de sables, d'argile et de calcaire.


Sites et Monuments

 
L'église Sainte-Marie-Madeleine

eglise erpionDans un écrin de verdure, le village se blottit autour de son église dédiée à sainte Marie-Madeleine, plantée à flanc de coteau et entourée du cimetière.

C'est un édifice en pierre calcaire, composé d'une nef du XVIe siècle, de trois travées, séparée des bas-côtés par des colonnes trapues de style gothique hennuyer qui portent des arcs en plein cintre creusés de gorges, d'un choeur reconstruit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle en un appareil plus soigné et renforcé de harpes d'angle. Mais l'aspect extérieur du sanctuaire a complètement changé depuis l'érection, en 1880, d'une monumentale tour néo-gothique.

Le mobilier comprend notamment des autels en bois polychromé style Louis XV, et un banc de communion de la fin du XVIIIe siècle. Au choeur, on admirera une sainte Anne trinitaire (chêne polychromé du XVIIe siècle), et, parmi les dalles funéraires, celle de Jean de Colnet, maître verrier mort en 1695.

Une excavation dans le mur de soutènement de l'école abrite une ancienne chapelle souterraine (1696) dédiée à Notre-Dame de Walcourt, et restourée par l'administration communale.


Rue du Général Galet

En se promenant dans le village, on évoquera le souvenir du général Emile Galet, aide de camp du roi Albert Ier. Une plaque signale sa maison natale située en contrebas de l'église (n° 22), et une rue porte son nom depuis 1980.

général galet


Sa carrière est éloquente : Ecole militaire, où il fut le condisciple du futur roi des Belges, et dont il sorti le premier de

promotion; Ecole de Guerre, où il enseigna dès 1907 avec le grade de commandant. Depuis 1912, durant la Grande Guerre, il fait partie de l'entourage immédiat d'Albert Ier. Nommé

commandant de l'Ecole royale militaire en 1919 et Chef d'Etat-major de l'armée en 1926, il publia plusieurs ouvrages (dont un préfacé par le souverain en personne); il prit sa retraite en 1932, pour mourir peu après la campagne de 18 jours en 1940.

 
Le "Four à Verre"

Erpion possède bien des demeures attachantes et quelques vestiges d'une verrerie du XVIII siècle au lieu-dit "Four à Verre" sur la route de Froidchapelle.

A la rue du Four à Verre, au pignon sud de la maison portant le n° 1, on peut voir les armoiries de la famille Collinet (Colinet, Colnet, de Colnet) maître-verrier depuis le XIVe siècle.

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