L'histoire de Boussu-lez-Walcourt

 

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En latin, Boussu se dit "Buxus" ou "Buxetum" : buis ou bois de buis. Il s'agit incontestablement d'un site préhistorique, comme en témoignent divers outils de pierre taillée (paléolithique) et polie (néolithique) que le hasard a fait sortir de leur enfouissement millénaire.

La toponymie locale est riche de souvenirs de l'occupation celtique : Grand et Petit Marchets, Champ des Metz, Gau... Les marchets sont des tumuli, formés de tas de pierres de moyennes grosseur, qui distinguaient les sépultures des chefs et des grands.

Il en existait beaucoup sur les rives de la Meuse; la culture des terres en a fait disparaître un grand nombre, y compris ceux qui devaient exister à Boussu, à l'endroit où prend aujourd'hui naissance le pré-barrage de Féronval.

Le mot Metz désigne quant à lui des exploitations agricoles isolées : les termes de mas (Provence) et de meix (Gaume) sont de même racine.

Le territoire de Boussu dut vraisemblablement appartenir à la tribu des Gorduni, maîtresse de toute la région qui s'étend de l'Eau d'Heure jusqu'à la Meuse, vers Hastière et Charleville.

Des fouilles archéologiques ont mis au jour, au Champ du Grand Marchet, les substructures d'une importante villa romaine. Sur le versant d'une colline doucement inclinée au midi, elle était largement exposée au soleil. Elle servait de résidence à l'un de ces fortunés Belgo-Romains qui se livraient au commerce, à l'industrie et à l'agriculture dans cette région pendant les deux premiers siècles. La première communauté villageoise s'édifia probablement autour de cette construction, attirant divers métiers et nécessitant une organisation sociale de plus en plus élaborée.

Les archéologes découvrirent aussi au champ du Petit Marchet, une nécropole mérovingienne, y faisant ample moisson d'armes, de bijoux, vases et médailles, qui rejoingnirent les collections du musée archéologique de Charleroi.

La première mention écrite du village remonte toutefois à 1131. La seignerie de Boussu faisait alors partie de la terre de Barbençon, qui formait l'une des douze pairies du comté de Hainaut et appartint à la famille des Barbençon de Boussu jusqu'au XVIIIe siècle, passant ensuite par alliance aux de Ligne, Desmanet et Hénin. La charte qui décrit les pouvoirs judiciaires des échevins date de 1458.

Tenue en fief de la même terre de Barbençon, il existait une autre seigneurie, celle des Septanes, située aux confins des territoires de Barbençon, Boussu, Erpion et Vergnies.

En 1678, par le traité de Nimègue, la France reçut du Hainaut la prévôté de Maubeuge, dont relevait la seigneurie de Barbençon. Devenu français, Boussu devait le rester jusqu'en 1815. Il en garda longtemps la nostalgie, avec les communes de l'enclave de Barbençon qui, en 1831, rédigèrent une pétition à la chambre des députés parisienne, souhaitant ardemment leur retour à la France, où elles demeurèrent d'ailleurs rattachées sur le plan spirituel (diocèse de Cambrai), jusqu'en 1889.


Un lieu stratégique...

Terre de passage, Boussu-lez-Walcourt servit au cours de l'histoire à trois reprises de champ de bataille :
Le 25 août 1689, lors de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, les Hollandais du Prince de Waldeck barrèrent aux Français la route de l'Allemagne. Le 4 juillet 1693, au cours du même conflit, les Français du Comte de Vertillac livrèrent un combat de plusieurs heures pour la maîtrise du terrain. Le 26 avril 1794, l'Armée des Ardennes qui marchait sur Beaumont y bouscula un détachement autrichien, qui se replia en laissant quelque 400 morts.


Une longue tradition artisanale...

L'industrie du fer est extrêmement ancienne dans ce village. Situées aux lieux dits Féronval et Falemprise, les forges de Boussu restèrent en activités jusqu'en 1886.

Boussu fut également le siège d'une importante activité artisanale. On y trouvait notamment des carrières de pierre bleue et de marbre (Bois-Jacques), scieries marbrières, poteries. Aux XVIIIe et XIXe siècles, on y faisait aussi grand commerce de laine peignée et de laine à matelas. A leur disparition en 1865, il existait plusieurs manufactures qui occupèrent jusqu'à 80 ouvriers. A la fin du XIXe siècle, on recensait 15 saboteries (59 ouvriers), une brasserie à vapeur, des ateliers de construction (instrument aratoires, de charronnage, de menuiserie).


SITES ET MONUMENTS 

Eglise Saint-Remy
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L'église de Boussu fut construite en 1867, en remplacement de celle de 1736 (avec tour du XVIe siècle) saccagée et incendiée par les Français en 1794.

Elle est de style ogival flamboyant, bâtie de pierre de tailles et moellons piqués. Son escalier et sa façade présentent un escalier vraiment monumental. 14 fenêtres à meneaux ! Celles du choeur, au nombre de 3, prennent naissance à 4 m au-dessus du carrelage et mesurent 5,40 m de hauteur. Elles sont garnies de vitraux peints, oeuvres des Carmélites du Mans. Ils représentent la vie du Christ et les 7 sacrements. Chaque médaillon est séparé par de riches mosaïques.

Dès l'entrée on peut observer une belle croix triomphale en chêne polychromé datant d'environ 1600, sauvée comme par miracle de la fureur des sans-culottes. Une pierre chronographe, derrière le tambour d'entrée, rappelle la construction de l'ancienne église par les moines de Lobbes.

Une magnifique croix funéraire accueille aussi le visiteur : celle de Pierre Bardeau, curé de Boussu, qui mourut de la peste en 1636, après avoir enterré 109 de ses infortunés paroissiens.

D'autres dalles rappellent le souvenirs d'autres curés et celui de Robert de Laurent, seigneur de Septanes (mort en 1702).

On verra aussi une chaire de vérité Louis XV, provenant du couvent des capucins de Thuin ainsi qu'une niche de pierre du XVIe siècle, abritant un saint Jean, tous 2 rescapés de l'incendie de 1794.
 

Le Château

Rue du Paradis, subsiste une partie importante des dépendances agricoles du château, disparu dès avant le XVIIIe siècle; mais on devine le site dans un renflement de terrain à une centaine de mètre au sud, au lieu-dit "Le Tournant".

Comme ce "Tournant" était entouré d'un fossé large de 15 à 18 m et profond d'un à 1,70 m, on peut supposer que s'y élevait jadis un château-fort, celui-là même, peut-être, que Jean de Bavière, prince-évèque de Liège, mit à sac en 1406.chateau blw

Propriété emmuraillée, le château actuel se compose principalement d'un long corps de bâtiment groupant un logis, d'anciennes étables et d'un ancien charril central surmonté d'une importante tour-colombier en briques.

Les dates des ancrages (1881 et 1931) indiquent les dernières restaurations.

L'arcade du porche d'entrée porte la clé des armoireries et la devise des Barbençon de Boussu (Ex PACE UBERTAS), ainsi que le millésime 1726. La porte, massive, serait de 1689 (jeu de clous).
 

Maisons anciennes

Entre autres bâtiments remarquables, signalons :

  • l'ancien presbytère (début XVIIIe siècle, rue de la Ferme Lambotte n° 1);
  • une maison néo-classique à double corps en briques et calcaire du milieu du XIXe siècle, intéressante pour son volume et l'organisation stricte de sa façade (Grand-Place n° 14);
  • une belle ferme en long et en trois volumes de la fin du XVIIIe siècle (rue de la Poterie n° 7). 

La Ferme de Septanes

ferme septanesEn faisant route vers Beaumont, on aperçoit au loin à la gauche la ferme des Septanes, ancienne maison de maître de forge. Isolée, en lisière de forêt, c'est une remarquable ferme en quadrilatère, composée d'un logis du dernier tiers du XVIIIe siècle et de dépendances plus récentes, bordant une vaste cour rectangulaire dont l'entrée s'orne de piliers en pierre. Le corps de logis, somptueuse demeure en brique et pierre calcaire, à deux niveaux et à haute toiture mansardée, est partiellement classé depuis le 22 juin 1984.

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